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Si votre maison en pierre est classée F ou G au DPE, ce calcul vous désavantage et ces 4 travaux peuvent la redresser

En bref

Les maisons en pierre obtiennent souvent une étiquette F ou G au DPE en raison d'un calcul théorique défavorable qui ignore l'inertie thermique des murs massifs, mais quatre travaux ciblés — isolation des combles, remplacement de la chaudière par une pompe à chaleur, renouvellement des menuiseries et isolation des murs avec des matériaux perspirants — peuvent redresser cette note.

Trois points à retenir

  1. Le DPE utilise depuis 2021 une méthode de calcul théorique qui pénalise les maisons en pierre en ignorant leur capacité à stocker et restituer la chaleur
  2. Le remplacement d'une chaudière au fioul ou au gaz par une pompe à chaleur réduit fortement les émissions de CO₂ comptabilisées dans le DPE
  3. Les logements classés G ne peuvent plus être loués pour un nouveau bail depuis le 1er janvier 2025, la classe F suivra au 1er janvier 2028

La réponse en bref

Oui, le calcul du DPE désavantage les maisons en pierre car il raisonne en pertes instantanées sans tenir compte de l'inertie thermique des murs massifs. Quatre travaux peuvent redresser la note : isoler les combles, remplacer la chaudière par une pompe à chaleur, renouveler les menuiseries et isoler les murs avec des matériaux perspirants.

Pourquoi une maison en pierre se retrouve souvent avec une étiquette F ou G au DPE

Longère bretonne, ferme en Dordogne, maison de bourg en granit… Le scénario est familier pour de nombreux propriétaires de maison en pierre : un confort réel été comme hiver, puis une lettre F ou G qui tombe au moment du diagnostic de performance énergétique. Pour une bâtisse connue pour sa solidité et son tempérament thermique, ce verdict ressemble à un paradoxe.

Depuis que l’étiquette énergétique conditionne le droit de louer et influence directement le prix de vente, cette mauvaise note inquiète. Elle reflète pourtant autant la façon dont le calcul appréhende la maison que la maison elle-même. Quelques travaux bien ciblés suffisent souvent à faire remonter la note. Tout repose sur la manière dont le DPE interprète vos murs anciens et vos équipements.

Depuis le 1er juillet 2021, tous les logements sont soumis à une méthode de calcul unique appelée 3CL : le DPE ne s’appuie plus sur les factures réelles, mais sur une consommation théorique déduite des caractéristiques relevées sur place. Les anciens diagnostics réalisés entre 2018 et le 30 juin 2021 ont cessé d’être valables au 31 décembre 2024, y compris les anciens DPE vierges. Beaucoup de maisons en pierre ont alors vu leur note se dégrader, car le logiciel raisonne en pertes instantanées plutôt qu’en ressenti des occupants.

Le calcul prend en compte la résistance thermique des parois, mais pas la capacité des murs massifs à stocker et restituer la chaleur. Lorsque l’épaisseur exacte ou la nature de la pierre sont inconnues, le logiciel applique des valeurs par défaut, presque systématiquement défavorables. Un mur enterré peut être assimilé à un mur donnant sur l’extérieur, et un isolant invisible sous un rampant est simplement ignoré. L’humidité constitue également un angle mort : un mur gorgé d’eau isole mal, mais un drainage ou un enduit à la chaux qui l’assèche ne modifie presque pas la note. Enfin, la classe finale résulte de deux indicateurs — énergie primaire et gaz à effet de serre — et c’est le plus mauvais des deux qui l’emporte, ce qui pénalise fortement les chaudières au fioul ou au gaz.

Avant de lancer des travaux, sécuriser le diagnostic existant

Premier réflexe utile : vérifier la date du DPE et le mode de chauffage. Pour un logement chauffé à l’électricité, le facteur de conversion de l’énergie consommée en énergie primaire est passé de 2,3 à 1,9 au 1er janvier 2026, puis doit descendre à 1,7 au 1er janvier 2027, selon l’arrêté du 19 août 2026. Une maison estimée à 150 kWh d’électricité finale par mètre carré et par an est ainsi passée de 345 à 285, puis 255 kWh d’énergie primaire — sans aucun travaux. Une attestation de mise à jour peut être téléchargée gratuitement sur l’observatoire de l’Ademe, ce qui suffit parfois à gagner une classe.

Deuxième étape : fiabiliser les données pour éliminer les valeurs par défaut. Avant la visite du diagnostiqueur, il est judicieux de rassembler :

  • Les factures d’isolation des combles, de menuiseries, de chaudière ou de pompe à chaleur, avec marques, modèles et épaisseurs
  • Plans et photos de murs mis à nu révélant la pierre et son épaisseur
  • Accès dégagés aux combles, à la cave et aux planchers

Un diagnostiqueur habitué au bâti ancien prendra le temps de mesurer et d’observer soigneusement. Le propriétaire peut lui demander de détailler les épaisseurs saisies dans le logiciel. Depuis 2021, le DPE est opposable, ce qui ouvre la possibilité d’une contestation en cas d’erreur avérée.

Quatre travaux qui peuvent sauver une maison en pierre classée F ou G

1. Isoler les combles et la toiture

Les audits énergétiques sur ce type de bâti placent presque invariablement ce chantier en tête. La chaleur monte, et une toiture peu ou mal isolée concentre une grande partie des pertes. Une isolation renforcée des combles perdus ou des rampants, avec des matériaux biosourcés comme la fibre de bois ou la ouate de cellulose, améliore fortement la classe énergétique sans toucher aux façades.

Depuis le décret du 25 août 2026, une isolation réalisée seule n’est plus financée par MaPrimeRénov par geste, même pour un logement F ou G. Elle reste cependant finançable dans le cadre d’une rénovation d’ampleur ou via l’éco-prêt à taux zéro.

2. Remplacer la chaudière au fioul ou au gaz par une pompe à chaleur

Le deuxième levier majeur consiste à substituer une vieille chaudière au fioul ou au gaz par une pompe à chaleur air-eau ou un raccordement à un réseau de chaleur. Ce remplacement réduit fortement les émissions de CO₂ comptabilisées dans le DPE. Pour les maisons individuelles classées F ou G, MaPrimeRénov par geste reste ouverte pour ces équipements jusqu’au 31 décembre 2027.

3. Renouveler les menuiseries et traiter les infiltrations d’air

Remplacer des fenêtres à simple vitrage par du double vitrage en bois bien posé, traiter les bas de portes et les joints : ces interventions limitent efficacement les courants d’air parasites. Ce resserrage impose cependant une ventilation efficace — souvent une VMC hygroréglable — faute de quoi la vapeur d’eau se concentre dans les murs et fragilise la pierre à terme.

4. Isoler les murs avec des matériaux perspirants

Le quatrième chantier porte sur l’isolation des murs, en utilisant exclusivement des matériaux perspirants : enduit chaux-chanvre, doublage en laine ou fibre de bois. Les façades nord et ouest sont prioritaires, les murs ensoleillés bénéficiant davantage de l’inertie naturelle de la pierre. Lorsqu’un plancher bas sur cave ou terre-plein reste accessible, son isolation complète efficacement l’ensemble du dispositif.

La pression réglementaire rend ces travaux d’autant plus stratégiques. Les logements classés G ne peuvent plus être loués pour un nouveau bail depuis le 1er janvier 2025, la classe F suivra au 1er janvier 2028. Par ailleurs, la vente d’une maison individuelle classée E, F ou G impose déjà un audit énergétique détaillant plusieurs scénarios de rénovation. Dans une maison en pierre, ces quatre leviers restent les plus efficaces pour améliorer l’étiquette tout en respectant l’intégrité du bâti.