En bref
L'essuie-tout décoré ne doit pas être placé sous des aliments très chauds car la chaleur favorise la migration de constituants d'encre vers la nourriture, selon les recommandations de la DGCCRF.
Trois points à retenir
- La DGCCRF déconseille de placer les surfaces imprimées en contact direct avec des denrées alimentaires en raison du risque de contamination par les constituants de l'encre d'impression
- La chaleur favorise la migration de molécules contenues dans le papier imprimé vers l'aliment, particulièrement lorsqu'il est gras ou humide
- Il est recommandé d'utiliser du papier cuisson sulfurisé ou de l'essuie-tout non imprimé pour les aliments chauds, et de réserver le papier décoré aux usages froids
La réponse en bref
L'essuie-tout décoré est peu recommandé sous un aliment très chaud car la chaleur favorise le transfert de constituants d'encre et de vernis vers la nourriture. La DGCCRF déconseille expressément de placer les surfaces imprimées en contact direct avec des denrées alimentaires chaudes en raison du risque de contamination.
Un geste du quotidien qui mérite qu’on s’y arrête
Pizza fraîchement sortie du four, beignets encore fumants, quiche brûlante posée à la hâte sur le plan de travail : beaucoup d’entre nous glissent instinctivement un rouleau d’essuie-tout décoré en dessous. Pratique pour absorber le surplus de graisse, joli à regarder, ce papier coloré fait partie des incontournables de la cuisine moderne.
Pourtant, ces feuilles imprimées ne sont pas de simples accessoires anodins. Elles entrent dans la catégorie des matériaux au contact des denrées alimentaires, et à ce titre, elles obéissent à des règles précises. C’est là que la chaleur change tout.
Essuie-tout décoré, contact alimentaire et cadre posé par la DGCCRF
En janvier 2019, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a précisé les règles applicables aux papiers et cartons en contact avec les aliments — de l’essuie-tout ménager jusqu’aux boîtes à pizza. Dans ses fiches officielles, la DGCCRF classe le papier essuie-tout ménager et les serviettes de table parmi les produits « raisonnablement susceptibles d’entrer en contact avec des denrées alimentaires dans le cadre de leur usage normal ».
Ces matériaux relèvent donc du règlement européen sur les matériaux au contact des aliments. Ce texte impose qu’ils ne transfèrent aucune substance vers la nourriture en quantité pouvant nuire à la santé ou altérer le goût et l’odeur des aliments.
La même fiche de la DGCCRF formule un avertissement sans détour : « Dans le cadre des bonnes pratiques de fabrication, il n’est pas recommandé de placer les surfaces imprimées, surlaquées ou non par un vernis d’impression, en contact direct avec des denrées alimentaires car cette pratique entraîne un risque important de contamination de ces denrées par les constituants de l’encre d’impression. » En d’autres termes, c’est précisément la zone décorée qui pose problème, d’autant plus lorsqu’elle se retrouve au contact direct de l’aliment.
Encres, colorants et chaleur : ce qui se passe sous un aliment très chaud
Les papiers et cartons imprimés renferment des encres, des pigments, des colorants, et parfois des vernis. La DGCCRF recommande expressément de « ne pas utiliser des pigments et colorants dans les papiers et cartons utilisés pour des applications de cuisson ou de filtration/remplissage à chaud ». Cette mise en garde vise directement les situations où la température s’élève.
La raison est physique : la chaleur favorise la migration, autrement dit le transfert de certaines molécules contenues dans le papier vers l’aliment. Pour évaluer ce phénomène, les fiches décrivent des essais d’extraction réalisés dans l’eau à 80 °C, avec une durée adaptée aux articles à contact court comme les essuie-tout.
Ce détail technique est éloquent. Un aliment très chaud — souvent gras ou humide, qu’il s’agisse d’une pizza, de frites ou d’un croque-monsieur sortant de la poêle — posé directement sur la face décorée d’un essuie-tout cumule plusieurs facteurs propices au transfert de constituants d’encre ou de vernis. Dans cette logique, utiliser un essuie-tout décoré comme support direct pour un aliment très chaud ne correspond pas au scénario d’usage le plus prudent.
Les bons réflexes à adopter avec l’essuie-tout décoré en cuisine
La réglementation n’interdit pas l’essuie-tout imprimé, mais elle en encadre clairement l’usage. Quelques habitudes simples permettent de réduire sensiblement l’exposition aux risques de migration :
- Poser les plats très chauds sur une assiette, un plat lisse ou une planche plutôt que sur un papier imprimé.
- Utiliser du papier cuisson sulfurisé pour toute préparation destinée à passer au four ou à recevoir des aliments bouillants.
- Choisir, pour absorber rapidement la graisse sous des aliments encore chauds, un essuie-tout ou une serviette en papier non imprimés, annoncés aptes au contact alimentaire.
- Laisser s’égoutter les fritures sur une grille placée au-dessus d’un plat, plutôt que directement sur un essuie-tout décoré.
En pratique, éviter que la partie décorée touche directement les aliments chauds, limiter le contact à quelques secondes pour absorber quelques gouttes, et réserver ce type de papier aux préparations froides ou tièdes sont autant de réflexes qui changent la donne.
Dans de nombreuses cuisines, le rouleau coloré reste avant tout apprécié pour son aspect décoratif sur la table ou pour protéger le plan de travail. Les recommandations de la DGCCRF invitent simplement à cantonner cette fonction à des usages « froids » : présentation de biscuits une fois refroidis, essuyage de petites salissures, séparation entre deux couches d’aliments déjà revenus à température ambiante. L’essuie-tout décoré conserve alors tout son intérêt, sans être exposé aux conditions les plus favorables aux transferts indésirables.


