En bref
Une simulation menée par Dorêka sur une copropriété parisienne des années 1960 montre qu'un simple entretien peut coûter plus cher (21 400 euros par appartement) qu'une rénovation énergétique ambitieuse (19 600 euros avec 35 % de gain énergétique) après déduction des aides.
Trois points à retenir
- Le coût de l'inaction énergétique inclut les factures de chauffage non économisées et les surcoûts de maintenance d'équipements vieillissants, charges certaines et récurrentes contrairement aux travaux ponctuels subventionnables.
- Dans une copropriété parisienne de 435 logements classés E ou F, un programme visant 35 % de gain énergétique coûte 1 800 euros de moins par appartement qu'un simple entretien, aides déduites.
- Un projet de rénovation énergétique en copropriété nécessite 12 à 18 mois de préparation incluant audit technique, montage financier et réunions pédagogiques pour obtenir l'adhésion des copropriétaires.
La réponse en bref
L'inaction coûte plus cher que la rénovation : dans l'exemple étudié, un simple entretien revient à 21 400 euros par appartement contre 19 600 euros pour une rénovation énergétique ambitieuse après aides, soit 1 800 euros d'économie. Les factures de chauffage non optimisées et les réparations d'équipements vieillissants représentent des charges récurrentes supérieures au coût ponctuel et subventionné des travaux.
Le coût de l’inaction énergétique à Paris : ce que continuent de payer les copropriétaires
Dans de nombreuses copropriétés parisiennes, la rénovation énergétique est repoussée d’une année sur l’autre. Charges en hausse, travaux perçus comme trop onéreux, contexte économique incertain : les raisons de temporiser ne manquent pas. En surface, ce choix semble protéger le budget. Pourtant, les factures de chauffage s’alourdissent, l’inconfort s’installe et le bâti continue de vieillir. L’inaction a un coût bien réel, même s’il reste moins visible.
L’opérateur Dorêka, qui accompagne les copropriétés en tant qu’assistant à maîtrise d’ouvrage, tire désormais la sonnette d’alarme auprès des syndics parisiens. Son cofondateur Baptiste Garcia-Rundstadler est direct : « Le coût et les conséquences de l’inaction dépassent amplement le prix de travaux bien préparés et financés. » Une simulation réalisée sur une grande résidence des années 1960 révèle même qu’un simple entretien peut revenir plus cher, après déduction des aides, qu’une rénovation énergétique ambitieuse.
Ce que signifie concrètement le coût de l’inaction énergétique
Selon le site spécialisé Lowit, le coût de l’inaction énergétique désigne l’ensemble des dépenses que l’on continue d’assumer faute d’engager des travaux : énergie non économisée et surcoûts liés à la maintenance d’équipements vieillissants. Une chaudière en fin de vie tombe plus fréquemment en panne, se répare à prix plus élevé et consomme davantage d’énergie. Cette charge est certaine et récurrente, tandis que le coût des travaux reste ponctuel et partiellement subventionnable.
Lowit souligne également l’effet des hausses tarifaires de l’énergie, même modérées. Avec une hypothèse prudente de 2 % d’augmentation annuelle, une facture progresse d’environ 22 % sur dix ans. À l’échelle d’un immeuble chauffé collectivement, ces montants finissent par peser autant qu’un ensemble de travaux performants. En parallèle, Dorêka pointe la décote qui frappe les logements mal classés au DPE et le risque d’interdictions de location pour les passoires thermiques.
Simulation Dorêka : entretien classique ou rénovation énergétique globale ?
La simulation conduite par Dorêka porte sur une copropriété parisienne construite dans les années 1960, comptant 435 logements classés E ou F. Trois scénarios ont été étudiés, aides collectives déduites. Dans l’hypothèse d’un simple entretien du bâtiment, le reste à charge moyen atteint 21 400 euros par appartement, soit environ 160 euros par mois sur quinze ans.
Le programme ciblant plus de 35 % de gain énergétique ramène ce reste à charge à 19 600 euros, avec une mensualité réduite à 120 euros. Dans ce scénario intermédiaire, chaque appartement économise donc 1 800 euros par rapport à la simple option d’entretien. Ce programme comprend l’isolation de la toiture et du plancher bas, une isolation thermique par l’extérieur, une amélioration de la ventilation ainsi que des radiateurs à inertie.
Le scénario le plus ambitieux, visant plus de 50 % de gain énergétique, porte le reste à charge à 24 700 euros pour une mensualité d’environ 140 euros. « Un programme de rénovation ambitieux n’est pas forcément plus coûteux qu’un simple entretien, une fois les aides déduites », insiste Baptiste Garcia-Rundstadler.
Préparer une rénovation énergétique en copropriété parisienne d’ici 2027
Pour convertir ces chiffres en vote positif lors d’une assemblée générale, la phase de préparation reste déterminante. Dorêka estime qu’un projet de rénovation énergétique en copropriété requiert entre 12 et 18 mois : audit technique, définition des scénarios, montage du plan de financement en mobilisant l’ensemble des aides disponibles, puis organisation de réunions pédagogiques. « La confiance et la compréhension du projet, de ses avantages et de ses coûts réels par chaque copropriétaire se construisent pendant la période de préparation », souligne Baptiste Garcia-Rundstadler.
Cette pédagogie s’appuie largement sur l’accompagnement d’un opérateur d’assistance à maîtrise d’ouvrage, en soutien du syndic. Pour Henry Buzy-Cazaux, président fondateur de l’Institut du Management des Services Immobiliers, « Cet accompagnement n’est plus une option : sans cette réassurance des copropriétaires, pas d’adhésion au projet et pas de vote. »
Avant de décider de reporter toute décision, les conseils syndicaux parisiens examinent désormais trois questions essentielles : combien coûte une année supplémentaire de chauffage non optimisé, quel sera le reste à charge réel après déduction des aides, et si la mensualité des travaux dépasse véritablement le prix de l’inaction. Les chiffres, eux, parlent d’eux-mêmes.


