En bref
Gilbert, 82 ans, vit sans électricité depuis le 1er février à Veynes suite à un litige sur des factures de surconsommation liées à un compteur mutualisé, tandis qu'une voisine commerçante lui fournit de l'électricité via une rallonge depuis sa boutique.
Trois points à retenir
- Gilbert refuse de payer jusqu'à 500 € par mois de factures de surconsommation liées à un compteur partagé avec un voisin, ce qui a entraîné la coupure d'électricité
- L'octogénaire souffre de diabète, hypertension et a subi l'ablation totale de l'estomac suite à un cancer, rendant l'absence de chauffage potentiellement mortelle
- La mairie a raccordé le logement deux jours avant de couper à nouveau pour raisons de sécurité, et cherche désormais un logement social pour le reloger
La réponse en bref
Gilbert est privé d'électricité depuis le 1er février suite à un refus de payer des factures de surconsommation contestées. Une voisine commerçante lui fournit de l'électricité via une rallonge en attendant la régularisation administrative.
Un octogénaire sans électricité depuis le 1er février à Veynes
Dans la commune de Veynes, située dans les Hautes-Alpes, un homme de 82 ans se retrouve plongé dans une situation alarmante. Depuis le 1er février 2024, Gilbert vit sans électricité dans son appartement de 43 m² : plus aucun éclairage fonctionnel, un ballon d’eau chaude à l’arrêt et un chauffage quasi inexistant.
Derrière ce dossier, il y a un homme bien réel, avec un prénom et un visage. Gilbert s’acquitte de son loyer chaque mois sans faillir, mais il refuse catégoriquement de régler des factures de « surconsommation » réclamées par son propriétaire, liées à un compteur mutualisé avec un autre logement. Son état de santé déjà fragilisé transforme cet hiver en épreuve potentiellement mortelle.
Un quotidien bouleversé par trois semaines sans eau chaude ni chauffage
Depuis la coupure du 1er février, Gilbert enchaîne les journées sans confort élémentaire. D’après BFM DICI, cela représente environ trois semaines sans eau chaude ni chauffage digne de ce nom, une durée qui érode autant le moral que la santé. Se laver, préparer ses repas : chaque geste simple est devenu une véritable épreuve.
L’octogénaire détaille lui-même, sans détour, l’étendue de ses fragilités médicales : diabète, hypertension, et un antécédent de cancer de l’estomac ayant nécessité l’ablation totale de l’organe. « Faut savoir quand même que j’ai 82 ans. Je suis diabétique, je fais de l’hypertension et j’ai un cancer, j’ai eu un cancer de l’estomac, j’ai plus d’estomac. Donc vous voyez, je suis pas non plus dans une santé qui me permettrait de rester sans chauffage », confie-t-il. Ces mots suffisent à mesurer toute la gravité de sa détresse.
Un compteur partagé et des factures contestées pouvant atteindre 500 €
Le cœur du litige réside dans un compteur électrique commun entre l’appartement de Gilbert et celui d’un voisin. Les consommations des deux logements se retrouvent mélangées, rendant impossible toute répartition claire et équitable. C’est dans cette zone d’ombre que des régularisations de « surconsommation » ont été réclamées, atteignant jusqu’à 500 € par mois pour un appartement de 43 m² — des sommes que Gilbert estime totalement injustifiées et qu’il refuse de régler.
Malgré le maintien de son loyer, ce refus de payer les factures contestées a débouché sur la coupure de l’alimentation électrique de son logement. Le propriétaire a depuis fait installer un compteur individuel et affirmé avoir mandaté un électricien pour régulariser l’installation dans les meilleurs délais. Toutefois, selon BFM DICI, la remise en service reste bloquée tant que le Consuel, l’organisme responsable de la vérification de la conformité électrique, n’a pas délivré son attestation officielle.
La solidarité d’une voisine commerçante face à l’inaction des institutions
En attendant que la situation se débloque, c’est la générosité d’une voisine qui empêche le pire. Cette commerçante, installée dans le même bâtiment que Gilbert, fait passer une rallonge depuis son commerce pour lui fournir un minimum d’électricité au quotidien.
« Je donne de l’électricité parce que la mairie ne veut pas aider ce monsieur. Alors je paye un peu plus d’électricité. Si on lui on lui donne pas un coup de main, ben il il meurt dans le froid quoi. Et on doit aider son prochain, on dit. Alors j’aide mon prochain », explique-t-elle avec une franchise désarmante. Cette aide permet à Gilbert de faire fonctionner un radiateur et quelques appareils essentiels, mais elle représente une charge financière supplémentaire pour cette voisine qui assume seule ce geste de solidarité.
La mairie de Veynes impliquée, mais des solutions encore insuffisantes
La municipalité de Veynes a bien tenté d’intervenir, mais de façon très limitée. La commune a brièvement raccordé le logement de Gilbert à son propre réseau électrique, pendant deux jours seulement, avant de couper à nouveau l’alimentation en invoquant des impératifs de sécurité électrique.
Depuis, la mairie, dirigée par le maire Christian Gilardeau, indique œuvrer pour trouver un logement social où reloger l’octogénaire. Mais entre les lourdeurs administratives, l’attente de l’attestation du Consuel pour valider le nouveau compteur individuel, et les urgences du quotidien, Gilbert reste suspendu à ces démarches incertaines — protégé de la mort par le froid uniquement grâce à un simple câble tendu entre son appartement et la boutique de sa voisine.


