Ces mystérieux dégâts au potager qui apparaissent du jour au lendemain
Vous avez soigneusement repiqué vos semis de tomates ou de salades, et le lendemain matin, catastrophe : des tiges coupées net gisent au sol. Pas de limace en vue, aucune trace suspecte, juste des plants couchés en plein milieu du rang. Face à ce constat déconcertant, beaucoup de jardiniers restent perplexes.
Le responsable est pourtant bien identifiable : il s’agit la plupart du temps des vers gris, aussi appelés cutworms. Ce sont les chenilles de noctuelles appartenant à la famille des Noctuidae, qui sectionnent les jeunes tiges directement au niveau du sol, toujours à la faveur de la nuit.
Comment les vers gris s’en prennent-ils aux jeunes plants ?
Selon les fiches de l’University of Minnesota Extension, le terme vers gris regroupe plusieurs espèces de larves de papillons de nuit. Ces chenilles lisses et peu velues peuvent atteindre cinq centimètres de long et adoptent une posture caractéristique en forme de C lorsqu’on les dérange.
Leur mode opératoire est redoutablement efficace : la nuit venue, les vers gris encerclent la tige d’un jeune plant, la tranchent au ras du sol, puis disparaissent le jour dans la terre ou sous les débris végétaux. Les dégâts sont particulièrement intenses en début de saison, juste après la levée des semis. Des légumes comme la laitue, le chou, le maïs doux, les haricots, les pois, les poivrons ou encore les tomates figurent parmi leurs cibles privilégiées.
Le collier en carton : une barrière physique reconnue par les experts
Pour contrer ces attaques au niveau du sol, plusieurs institutions agronomiques nord-américaines préconisent la même solution étonnamment simple. L’University of Minnesota Extension, Cornell IPM, l’University of Maryland Extension, l’Illinois Extension et Rutgers NJAES recommandent toutes le collier en carton ou en aluminium, placé autour de chaque plant individuel.
Ce cylindre forme une barrière physique que la chenille ne parvient pas à contourner pour atteindre la tige tendre. Les dimensions conseillées sont assez précises : Cornell IPM préconise une collerette de 7,5 à 10 centimètres de hauteur totale, avec 2,5 à 5 centimètres enfoncés dans le sol. L’University of Minnesota Extension va dans le même sens, insistant sur la portion enterrée. À noter que cette méthode protège efficacement contre les vers gris de surface, mais que les cutworms grimpeurs peuvent tout de même atteindre les feuilles situées en hauteur.
Fabriquer et installer correctement sa collerette en carton
Excellente nouvelle pour le budget du potager : ce dispositif se confectionne en quelques minutes à partir de carton de récupération, qu’il s’agisse d’une boîte de céréales ou d’un simple rouleau de papier toilette. Pour qu’il soit pleinement efficace, quelques gestes précis s’imposent au moment de la pose.
- Découper une bande de carton et former un cylindre d’environ 7 à 10 centimètres de hauteur, à placer autour de la tige sans la comprimer.
- Enfoncer ce cylindre dans le sol sur 3 à 5 centimètres, en veillant à ce qu’aucune ouverture ne subsiste au niveau de la surface du sol.
- Installer la collerette dès le semis ou le repiquage, puis tasser légèrement la terre autour de la base pour stabiliser l’ensemble.
- Inspecter régulièrement le dispositif : éviter que le paillage ou des feuilles ne créent un pont par-dessus le collier, et rechercher les larves à proximité des plants endommagés.
Les universités soulignent que cette protection est surtout indispensable durant la période la plus critique, généralement au printemps, entre la levée et le stade où le plant est bien enraciné et sa tige suffisamment épaissie. Rutgers NJAES recommande de retirer le collier une fois la tige robuste, afin d’éviter tout risque d’étranglement. Si des plants continuent malgré tout à tomber, l’University of Maryland Extension suggère d’inspecter le potager de nuit et d’éliminer manuellement les vers gris encore présents.


