En bref
Les cure-dents en plastique doivent être jetés dans les ordures ménagères car ils ne sont pas des emballages et leur petite taille perturbe les centres de tri.
Trois points à retenir
- Le bac de tri jaune est réservé aux emballages ménagers et aux papiers, pas aux objets en plastique comme les cure-dents
- Les cure-dents en plastique sont trop petits pour être captés par les machines de tri et peuvent se coincer dans les équipements
- Les cure-dents en bois brut peuvent parfois être compostés selon les collectivités, contrairement aux versions en plastique
La réponse en bref
Les cure-dents en plastique doivent être triés séparément car ils ne sont pas des emballages et leur petite taille les empêche d'être correctement traités dans les centres de tri, où ils échappent aux systèmes mécaniques ou se coincent dans les machines.
Un petit objet, une grande source de confusion dans le tri
Minuscule et presque invisible dans notre quotidien, le cure-dent en plastique est pourtant capable de perturber toute une chaîne de recyclage. Par automatisme, nombreux sont ceux qui le glissent dans le bac jaune, convaincus que « plastique » est synonyme de recyclable. D’autres le mélangent aux déchets alimentaires, certains le jettent même dans les toilettes. Résultat : la filière de traitement se retrouve rapidement dépassée.
Cette confusion s’est encore renforcée depuis l’extension des consignes de tri, qui a ouvert le bac de recyclage à davantage de plastiques. Pourtant, ces consignes reposent sur une distinction fondamentale, souvent ignorée : la différence entre un emballage et un objet. L’Agence de la transition écologique le rappelle clairement via son service « Que faire de mes objets et déchets ? » : « le bon choix n’est pas toujours évident mais une chose est sûre, rien ne doit être jeté au hasard ! »
Cure-dent plastique : un petit objet qui n’est pas un emballage
Le message des collectivités et des éco-organismes est unanime : le bac de tri est réservé aux emballages ménagers et aux papiers. Les objets, eux, n’y ont pas leur place. Le SMITOM Nord 77 précise ainsi que les brosses à dents et autres accessoires en plastique sont exclus du bac jaune, même propres, car ils ne constituent pas des emballages. Le cure-dent en plastique obéit à exactement cette même logique.
L’organisme Calitom classe d’ailleurs le cure-dent parmi les « petits objets en plastique » qui « ne se recyclent pas » et qui doivent rejoindre les ordures ménagères. La Métropole de Lyon va dans le même sens, citant explicitement le cure-dent parmi les petits objets plastiques à orienter vers le bac gris. Peu importe que la matière soit identique à celle d’un emballage recyclable : au moment du tri, l’objet doit impérativement être séparé.
Pourquoi ces petits plastiques posent problème dans les centres de tri
On pourrait imaginer qu’un plastique reste un plastique, quelle que soit sa taille. Mais dans la réalité des centres de tri, les dimensions changent tout. Selon un reportage de l’AFP relayé par La Dépêche, les déchets de trop petit format — déjà identifiés pour l’aluminium — ont tendance à échapper aux tapis roulants et aux systèmes mécaniques, pour finalement être rejetés avec les refus de tri. Le cure-dent en plastique tombe précisément dans cette catégorie des déchets « trop petits ».
Sa forme fine et pointue aggrave encore les choses : il peut se coincer dans les machines ou se mêler à des flux incompatibles, comme le papier ou certains plastiques souples. Jeté avec les biodéchets, il risque de contaminer le compost ou la méthanisation. Le jeter « séparément » signifie concrètement l’isoler des flux recyclables ou organiques, pour l’orienter vers la filière résiduelle qui est seule capable de le gérer correctement.
Où jeter un cure-dent plastique, et que faire des versions en bois
En pratique, la consigne la plus répandue en France pour un cure-dent en plastique usagé est claire : direction la poubelle d’ordures ménagères, c’est-à-dire le bac gris. C’est la solution retenue aussi bien par la Métropole de Lyon que par Calitom pour l’ensemble des « petits objets en plastique ». Les règles pouvant varier selon les territoires, l’ADEME a mis en place en 2024 l’outil « Que faire de mes objets et déchets ? », consulté chaque année par plus de 1,5 million de personnes, pour identifier la bonne filière en quelques secondes.
La situation est légèrement différente pour les cure-dents en bois. Lorsqu’ils sont fabriqués en bois brut, sans film ni décoration plastique, certaines collectivités les acceptent avec les biodéchets ou le compost, tandis que d’autres les classent toujours en ordures ménagères. Là encore, mieux vaut consulter les consignes locales via l’outil de l’ADEME ou le site de sa collectivité. Un simple choix de matière — plastique ou bois — peut donc faire passer ce tout petit déchet d’un bac à l’autre, allégeant au passage, ou non, le sac gris de la maison.


