En bref
La rénovation énergétique progresse de 1 % au troisième trimestre 2026 en France, principalement grâce aux demandes de climatisation liées aux vagues de chaleur, mais cette hausse dissimule des difficultés structurelles pour les artisans du bâtiment.
Trois points à retenir
- L'activité de rénovation énergétique augmente d'environ 1 % au T3 2026, tandis que l'artisanat du bâtiment recule globalement d'environ 1 % sur la même période.
- Le rebond provient essentiellement des équipements de confort estival comme la climatisation et la ventilation, stimulés par les vagues de chaleur.
- La CAPEB réclame une baisse temporaire de la TVA à 5,5 % sur les travaux de rénovation et une simplification des procédures administratives pour soutenir le secteur.
La réponse en bref
Ce rebond est principalement dû aux demandes de climatisation et de ventilation provoquées par les vagues de chaleur, ce qui invite à modérer l'enthousiasme pour 2027 selon la CAPEB.
Un signal positif dans un secteur encore fragilisé
Depuis deux ans, les artisans du bâtiment accumulent les difficultés. Pourtant, au troisième trimestre 2026, un indicateur se redresse enfin : la rénovation énergétique repart légèrement à la hausse, soutenue par un besoin croissant de confort dans des logements souvent très énergivores.
Les données publiées par la CAPEB, la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment, révèlent un marché qui montre des signes de vie, alors même que l’activité globale du secteur reste déficitaire. Une interrogation s’impose alors, aussi bien chez les professionnels que chez les particuliers : ce frémissement annonce-t-il une vraie reprise, ou n’est-il qu’un sursaut lié aux fortes chaleurs de l’été ?
Rénovation énergétique au T3 2026 : un +1 % qui contraste avec le recul général du bâtiment
Entre juillet et septembre 2026, l’activité liée à la performance énergétique des logements a progressé d’environ 1 % par rapport au troisième trimestre 2025. Dans le même temps, l’artisanat du bâtiment affiche un recul d’environ 1 % sur l’ensemble des chantiers, toujours selon les données relayées par la CAPEB.
Certains corps de métier se distinguent particulièrement : la couverture-plomberie-chauffage enregistre une hausse proche de 2,5 %, tandis que l’électricité progresse d’environ 0,5 %. En toile de fond, le marché reste structuré par un besoin considérable : la France recense près de 30 millions de résidences principales, dont plusieurs millions de logements classés F ou G au DPE.
Chaque année, entre 2,7 et 3 millions de « gestes » de rénovation énergétique sont réalisés, mais seulement 200 000 rénovations d’ampleur combinent isolation, chauffage et eau chaude. Pour les entreprises du secteur, ce vivier entretient l’espoir que le signal positif du T3 2026 ne restera pas sans lendemain.
Canicule, climatisation et confort d’été : les véritables moteurs du rebond
Le +1 % enregistré sur la rénovation énergétique au T3 2026 provient essentiellement des équipements liés au confort estival. Les vagues de chaleur ont multiplié les demandes de climatisation et de ventilation, stimulant fortement l’activité des entreprises de chauffage, de plomberie et d’électricité.
La CAPEB qualifie ce résultat de premier signe d’amélioration, mais l’origine météorologique de cette hausse invite à modérer l’enthousiasme pour 2027. Du côté des ménages, les motivations restent néanmoins bien établies, selon l’étude Toluna pour Cofidis :
- 62 % des ménages envisageant des travaux souhaitent réduire leur facture d’énergie,
- 53 % veulent améliorer leur confort thermique,
- 39 % cherchent à valoriser leur logement.
Les travaux engagés se concentrent sur quelques postes prioritaires :
- isolation des combles, murs, planchers et menuiseries,
- remplacement du système de chauffage,
- amélioration de la production d’eau chaude.
Les installations de climatisation ou de pompes à chaleur viennent fréquemment en complément, pour ajuster le niveau de confort au quotidien.
Aides, TVA à 5,5 % et hausse des coûts : les conditions d’une reprise durable
Pour que l’élan du T3 2026 se transforme en tendance de fond, la question du financement demeure incontournable. Les aides d’État, pilotées notamment par l’ANAH, constituent le point de déclenchement d’une grande partie des projets, mais leurs règles évoluent régulièrement. Plus de la moitié des Français jugent ces démarches trop complexes.
Selon Cofidis, 49 % des ménages prêts à rénover envisagent de recourir à un crédit, tandis que 39 % comptent sur une ou plusieurs aides publiques, avec une attente forte en matière de simplification des dossiers.
Face à ces obstacles, la CAPEB réclame plusieurs mesures concrètes :
- une baisse temporaire de la TVA à 5,5 % sur les travaux de rénovation,
- la simplification des procédures administratives,
- le développement de parcours de rénovation par étapes,
- un meilleur accès des artisans au marché des pompes à chaleur, où les offres intégrées de grands acteurs limitent parfois leur part.
Dans le même temps, la hausse des coûts de carburants et de matériaux, conjuguée à la pression sur les marges et la trésorerie, fragilise les entreprises. Autant de facteurs qui détermineront si la reprise de la rénovation énergétique se confirme réellement en 2027.


