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Ce robot araignée construit 200 m² en 24 h sur chantier : pourquoi des travailleurs craignent déjà pour leur emploi

En bref

Le robot hexapode Charlotte, développé par des entreprises australiennes, peut imprimer les murs d'une maison de 200 m² en 24 heures en extrudant un matériau recyclé, suscitant des inquiétudes chez les travailleurs du bâtiment quant à l'avenir de leur métier.

Trois points à retenir

  1. Charlotte est un prototype capable d'extruder les murs porteurs d'une maison de 200 m² en moins de 24 heures, avec une productivité équivalente à celle d'une centaine d'ouvriers selon ses créateurs.
  2. Le robot se déplace sur six pattes autour du chantier et utilise un matériau recyclé composé de sable, verre recyclé et brique concassée développé par Earthbuilt Technology.
  3. La machine ne réalise que la structure des murs, tandis que les fondations, la toiture, les réseaux et les menuiseries restent entièrement du ressort des équipes humaines.

La réponse en bref

Charlotte automatise uniquement la construction des murs porteurs et de refend, mais ne livre pas une maison complète : les fondations, la toiture, les réseaux et les finitions nécessitent toujours l'intervention d'artisans et d'ouvriers humains.

Six pattes, une allure d’araignée géante, et la capacité d’imprimer les murs d’une maison entière en une seule journée : difficile de ne pas penser à la science-fiction. Pourtant, des ingénieurs australiens ont bel et bien conçu une telle machine, baptisée Charlotte, et ses ambitions pourraient transformer radicalement le monde des chantiers. Une perspective qui inquiète déjà certains professionnels du bâtiment, persuadés que leur métier est sur le point d’être profondément bouleversé.

Fruit d’une collaboration entre les entreprises australiennes Crest Robotics et Earthbuilt Technology, ce robot araignée est conçu pour extruder un matériau de construction recyclé et élever les parois d’une habitation couche après couche. Ses créateurs affirment qu’il serait capable de bâtir une maison d’environ 200 mètres carrés en moins de 24 heures, avec une productivité équivalente à celle d’une centaine d’ouvriers. Une promesse ambitieuse qui pousse naturellement à se demander : que fait réellement la machine, et quelle place reste-t-il aux humains sur le terrain ?

Charlotte, le robot araignée qui promet de bâtir 200 m² en une journée

Le projet robot araignée Charlotte est né de la volonté de Crest Robotics et Earthbuilt Technology d’automatiser une large part du gros œuvre. Plutôt que de mobiliser grues, coffrages et équipes successives, la machine se déplace de façon autonome autour de la future construction et extrude la structure directement sur site. Le prototype a été présenté lors du 76e International Astronautical Congress à Sydney, avec le soutien financier du programme Space+ de l’État de Nouvelle-Galles du Sud.

Les ingénieurs visent une surface de 200 mètres carrés en 24 heures, une cadence souvent comparée au rendement de plus de 100 maçons travaillant simultanément. Charlotte se chargerait exclusivement des murs porteurs et de refend — une étape qui nécessite ordinairement plusieurs jours, voire plusieurs semaines, sur un chantier traditionnel. Il convient cependant de souligner que Charlotte demeure un prototype, et qu’aucune maison complète n’a encore été réalisée dans ces conditions.

Comment Charlotte construit une maison grâce à l’impression 3D

À la différence des imprimantes de construction 3D classiques, fixées sur des rails, Charlotte repose sur une architecture hexapode qui lui confère une mobilité proche de celle d’une araignée. Le robot se déplace autour de l’ouvrage sur ses six pattes, ajuste continuellement sa position et dépose un cordon de matériau là où les plans numériques l’indiquent. Les couches s’accumulent progressivement pour former des parois solides, avec des réservations prévues pour les ouvertures. Cette agilité doit théoriquement lui permettre d’intervenir sur des terrains irréguliers, sans nécessiter l’installation d’un portique imposant.

Le mélange extrudé a été développé par Earthbuilt Technology à partir de sable, de verre recyclé et de brique concassée, avec l’objectif de valoriser des ressources locales et de réduire les déchets de chantier. Ces structures visent également une bonne résistance au feu et aux inondations. Toutefois, comme le rappellent les spécialistes concernés, « ces performances devront être vérifiées par des essais techniques et des évaluations indépendantes avant toute généralisation dans des logements habitables ».

Quel avenir pour les maçons face à Charlotte et aux robots de construction ?

Dans les documents de présentation du projet, la performance annoncée concerne uniquement la réalisation de la structure — et non une maison livrée « clé en main ». Pour obtenir un logement réellement habitable, de nombreuses étapes restent indispensables et relèvent encore entièrement des équipes humaines.

  • Charlotte extrude les murs et les cloisons.
  • Les ouvriers préparent le terrain et réalisent les fondations.
  • Les artisans se chargent de la toiture, des réseaux et des menuiseries.

Par ailleurs, le Lunar Construction Collective, en lien avec le programme NASA MMPACT, s’intéresse à l’utilisation de l’ISRU et du régolithe lunaire pour adapter ce type de robot à des chantiers de construction sur la Lune. Une ambition qui illustre jusqu’où pourrait aller la technologie développée autour de Charlotte.