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Sécher le linge dans le salon quand il pleut : ce chiffre sur l’humidité qui abîme vos murs et votre santé

Un geste banal qui modifie profondément l’air de votre intérieur

Pluie dehors, chauffage en marche, étendoir installé au milieu du salon : le tableau est commun à des millions de foyers. Les draps tiédissent lentement, une légère buée apparaît sur les vitres. Tout semble anodin, presque rassurant. Pourtant, des chercheurs écossais ont démontré que cette habitude transforme silencieusement l’air intérieur et les murs de votre logement.

Une étude conduite par The Glasgow School of Art, via la Mackintosh Environmental Architecture Research Unit et le centre RICH, a quantifié pour la première fois la quantité d’eau libérée par une lessive qui sèche en intérieur. Résultat sans appel : une charge complète de 4 à 5 kilos de linge relâche entre 2 et 2,5 litres d’eau dans l’air de la pièce.

Pourquoi l’humidité monte aussi vite quand on sèche le linge à l’intérieur

En conditions de laboratoire, à environ 21 °C et avec une humidité de départ proche de 50 %, les chercheurs ont constaté qu’une lessive typique perd 88 % de son eau en quatre heures seulement. Près d’un litre s’échappe des tissus durant les deux premières heures, ce qui en fait la phase la plus critique pour l’accumulation d’humidité dans le logement.

L’étude, menée sur 100 foyers pendant trois ans, révèle également que le séchage du linge représente au moins 15 % de la vapeur d’eau produite chaque semaine, et dépasse les 30 % lors des grandes lessives. Dans les pièces mal ventilées, les vêtements posés sur les radiateurs peuvent contribuer à hauteur d’un tiers à l’humidité ambiante.

Moisissures, acariens, champignons : ce que révèle l’étude sur 100 logements de Glasgow

Entre septembre et mai, 87 % des foyers observés séchaient leur linge à l’intérieur. 64 % le plaçaient sur ou près d’une source de chaleur, 23 % augmentaient le chauffage pour accélérer le séchage, et seulement 37 % ouvraient systématiquement une fenêtre. Plus de la moitié des logements présentaient des traces de moisissure sur au moins un mur.

La concentration moyenne de spores de moisissure dans l’air atteignait environ trois fois la valeur de référence fixée en Finlande. Plus de 75 % des logements dépassaient le seuil d’humidité favorable aux acariens, fréquemment associés à l’asthme. Le champignon Aspergillus fumigatus a été détecté dans 25 % des logements. Pour le professeur Colin Porteous, cette pratique représente « un risque possible pour la santé en raison de niveaux d’humidité plus élevés ».

Comment sécher son linge en intérieur sans transformer la maison en éponge

Les recommandations de l’ADEME, du CSTB, d’IMT Nord Europe et des chercheurs de Glasgow pointent toutes dans la même direction. L’objectif n’est pas de renoncer à faire la lessive par temps de pluie, mais d’encadrer ces deux heures critiques pendant lesquelles près d’un litre d’eau s’évapore dans l’air ambiant.

  • Privilégier une grande pièce ventilée, équipée idéalement d’une VMC hygroréglable ou d’une extraction, plutôt qu’une petite chambre fermée.
  • Aérer abondamment dès le début du séchage, surtout durant les quatre premières heures où 88 % de l’eau quitte les tissus.
  • Éviter de poser l’étendoir directement sur les radiateurs dans une pièce close, où la vapeur s’accumule très rapidement.
  • Essorer au maximum et bien espacer les vêtements sur l’étendoir pour réduire la quantité d’eau à évaporer.
  • Surveiller le taux d’humidité avec un hygromètre et viser moins de 60 % — l’Agence de protection de l’environnement des États-Unis recommande même de « maintenir l’humidité intérieure en dessous de 60 %, idéalement entre 30 et 50 % ».

Pour lutter durablement contre les murs humides, les auteurs de l’étude préconisent l’aménagement d’espaces de séchage dédiés : armoires chauffées et ventilées, loggias couvertes, buanderies communes. La ventilation mécanique contrôlée, de préférence hygroréglable, joue un rôle clé pour évacuer l’excès de vapeur. Le projet Q-WASH, piloté par l’ADEME, rappelle par ailleurs que lessives et assouplissants libèrent également des composés volatils — une raison supplémentaire d’aérer généreusement.