Un pouvoir d’achat menacé malgré des pensions stables
Le niveau d’une pension de retraite ne suffit pas à garantir le maintien du pouvoir d’achat. D’ici 2027, des millions de retraités pourraient voir leur situation financière se dégrader, même si leurs versements mensuels restent identiques. Deux mesures budgétaires précises sont au cœur de cette menace.
Pourquoi les retraités risquent-ils de perdre plusieurs centaines d’euros ?
Une étude publiée le 16 octobre par l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) révèle que les retraités auraient à assumer près de 60 % de l’effort budgétaire imposé aux ménages. Cela représente 5,2 milliards d’euros sur les 8,7 milliards d’économies envisagées pour 2027. Une charge considérable, qui ne se répartirait cependant pas de façon uniforme entre tous les seniors.
D’après les simulations réalisées par l’économiste Pierre Madec, 9,6 millions de ménages touchés par la sous-indexation des pensions enregistreraient une perte moyenne de 430 euros par an. Ce chiffre dépasse la perte moyenne estimée à 390 euros calculée pour l’ensemble des 22,4 millions de foyers pénalisés par les différentes mesures à l’étude.
Quels retraités seraient les plus exposés par le budget 2027 ?
La première mesure porte sur la revalorisation des pensions. Le gouvernement envisage de réserver une hausse alignée sur l’inflation uniquement aux retraités dont l’ensemble des pensions ne dépasse pas 1 260 euros brut par mois. Au-delà de ce plafond, les pensions pourraient être gelées ou progresser moins vite que les prix, entraînant une érosion progressive du pouvoir d’achat.
Une seconde mesure concerne la fiscalité. Le projet de budget prévoit d’abaisser le plafond de l’abattement fiscal de 10 % sur les pensions à 3 000 euros par foyer, contre 4 439 euros actuellement. Cette modification affecterait en priorité les foyers percevant des pensions élevées, avec à la clé une hausse sensible de leur impôt sur le revenu.
Les retraités vont-ils vraiment perdre 430 euros en 2027 ?
L’impact réel varierait selon les situations individuelles. Le montant des pensions perçues, la composition du foyer et la situation fiscale de chaque ménage détermineront l’ampleur des conséquences. Les retraités aux revenus modestes bénéficieraient d’une meilleure protection face à la sous-indexation, tandis que certains foyers plus aisés pourraient subir un double effet négatif : une revalorisation insuffisante couplée à une fiscalité alourdie.
Ces dispositions ne sont toutefois pas encore gravées dans le marbre. Le projet de financement de la Sécurité sociale a été rejeté par l’Assemblée nationale le 23 octobre et doit poursuivre son chemin parlementaire. Les mesures concernées pourraient donc être modifiées avant toute application effective en 2027. Un dossier à surveiller attentivement.


