657 communes touchées par l’interdiction des cheminées à foyer ouvert
Le crépitement d’un feu de cheminée reste l’une des images les plus réconfortantes de l’hiver. Pourtant, dans de nombreuses régions de France, cette habitude devient de plus en plus difficile à maintenir : les arrêtés préfectoraux se multiplient pour encadrer l’usage d’un type précis de chauffage au bois. L’objectif est clair — réduire une pollution atmosphérique jugée trop importante.
À l’automne 2026, cette réglementation a encore étendu son périmètre dans le Nord, le Rhône, l’Isère, la Loire, la Haute-Savoie et l’Ain. D’après les données issues des Plans de Protection de l’Atmosphère, ce sont au total 657 communes qui sont désormais soumises à l’interdiction des cheminées à foyer ouvert. Ce chiffre représente le cumul de l’ensemble des périmètres définis depuis 2022, et non 657 communes nouvellement ajoutées.
Ce qui est précisément interdit dans ces zones
Dans ces territoires, les préfets ne bannissent pas le bois comme combustible en général. C’est uniquement l’utilisation des cheminées à foyer ouvert qui est visée. La préfecture de Haute-Savoie définit ce type d’installation comme « toute cheminée ou installation dont le foyer brûle librement le bois sans enceinte destinée à confiner la combustion pour améliorer le rendement ».
En pratique, cela concerne les cheminées traditionnelles sans vitre ni insert. La simple possession de ce type d’équipement n’est pas sanctionnée — c’est l’allumage du feu qui devient interdit ou très strictement encadré.
Ces décisions reposent sur les Plans de Protection de l’Atmosphère, qui définissent des mesures locales dès lors que les seuils de pollution sont franchis. La vallée de l’Arve, en Haute-Savoie, a été pionnière en interdisant les foyers ouverts dès le 1er janvier 2022. La Métropole de Lyon a suivi au 1er avril 2023, avant que 166 communes supplémentaires du PPA lyonnais ne soient intégrées en 2026. D’autres périmètres englobent également l’Isère, la Loire et le Nord, avec notamment la Métropole Européenne de Lille à compter du 1er novembre 2026.
Particules fines et santé : pourquoi les foyers ouverts sont dans le collimateur
La justification de ces restrictions est avant tout sanitaire. Les foyers ouverts libèrent de grandes quantités de particules fines PM10 et PM2,5, capables de s’infiltrer profondément dans les voies respiratoires. « La pollution de l’air par les particules est responsable de 40 000 décès prématurés en France, dont un peu plus de 5 000 dans la région Hauts-de-France », a rappelé Arabelle Patron, responsable du service études chez Atm, dans le cadre du suivi assuré par Atmo Hauts-de-France.
Le gouvernement résume l’enjeu ainsi : « L’utilisation des cheminées ouvertes est interdite car un foyer ouvert émet jusqu’à 30 fois plus de polluants qu’un appareil de chauffage au bois performant. » Selon l’ADEME, un équipement récent et correctement entretenu peut, à quantité d’énergie égale, rejeter jusqu’à 30 fois moins de particules qu’un foyer ouvert — voire environ 260 fois moins dans le cas de certains poêles à granulés. Cet écart s’explique notamment par le rendement nettement supérieur des appareils modernes.
Que faire si votre commune est concernée ?
Pour les habitants des 657 communes touchées, la première démarche consiste à vérifier précisément les règles en vigueur dans leur localité. Certains arrêtés prohibent tout feu en foyer ouvert, y compris les feux d’agrément occasionnels, tandis que d’autres ne visent que le chauffage principal. Le site Service-Public.fr recommande de se rapprocher de la mairie, de la préfecture ou de consulter directement l’arrêté préfectoral et le Plan de Protection de l’Atmosphère pour connaître le détail des restrictions.
L’approche retenue privilégie l’accompagnement plutôt que la sanction. Les particuliers souhaitant continuer à se chauffer au bois sont encouragés à opter pour un insert, un foyer fermé ou un poêle récent à bûches ou à granulés — des équipements parfois éligibles à l’aide MaPrimeRénov’. « Cette mesure est une mesure de pédagogie, pas de contrainte. Les foyers qui continueraient à user ce type de chauffage seront sensibilisés à ses dangers », a précisé Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la Transition écologique, lors de la présentation de l’extension du dispositif.


