Une pièce hostile pour la plupart des plantes… mais pas pour toutes
Les serviettes qui sèchent lentement, les miroirs constamment embués après chaque douche : la salle de bain cumule humidité persistante et températures changeantes. Pour la grande majorité des plantes d’intérieur, ce mélange se traduit inévitablement par des feuilles qui jaunissent et des racines qui pourrissent.
Pourtant, certaines espèces originaires des forêts tropicales se sentent presque comme chez elles dans cet environnement — à condition de bien les sélectionner et de respecter quelques règles fondamentales.
Pourquoi Álvaro Pedrera recommande ces plantes pour la salle de bain
Le vulgarisateur espagnol Álvaro Pedrera, spécialiste des plantes domestiques très suivi sur TikTok, s’est intéressé de près au cas particulier des salles de bain humides. Dans l’une de ses vidéos, il affirme : « Il y a des plantes qui en profitent comme si elles étaient dans leur spa personnel. » Sa seule condition : que la pièce bénéficie d’un minimum de lumière naturelle.
Dans un article publié en novembre 2026, Álvaro Pedrera détaille sa sélection des 5 meilleures plantes pour une salle de bain : orchidées, calathéas, fougères, anthuriums et lys de la paix. Toutes proviennent de forêts tropicales ou subtropicales, où elles poussent sous le couvert d’arbres plus imposants, dans une atmosphère gorgée d’humidité.
Ces espèces partagent un autre point commun décisif : elles apprécient une hygrométrie élevée, autour de 50 à 70 % — notamment l’orchidée Phalaenopsis — ce que reproduit naturellement une salle de bain envahie plusieurs fois par jour par la vapeur. En revanche, elles ne supportent ni le soleil direct, qui brûle leurs feuilles délicates, ni les pièces totalement aveugles. Sans apport de lumière naturelle, leur croissance s’essouffle et elles finissent par dépérir.
Cinq plantes de salle de bain, cinq modes d’emploi rapides
Pour faciliter le choix, Álvaro Pedrera résume les atouts de chaque espèce qu’il recommande pour une salle de bain humide.
- Orchidée Phalaenopsis : raffolent de l’humidité et de la lumière indirecte ; leurs fleurs tiennent plusieurs semaines. Arrosage par immersion une fois par semaine.
- Calathéas : originaires des zones tropicales d’Amérique, ce sont selon lui « les reines des feuilles à motifs ». Attention toutefois : elles supportent mal l’eau calcaire.
- Fougère de Boston : « le classique des classiques » d’après Álvaro Pedrera, à installer à l’abri de tout rayon direct.
- Anthurium : originaire des forêts de Colombie et d’Équateur, il arbore des bractées brillantes et, comme le précise Álvaro Pedrera, « a besoin de beaucoup d’humidité ».
- Lys de la paix (Spathiphyllum) : fleurit presque toute l’année, aime l’humidité et nécessite un substrat maintenu humide en permanence — ses feuilles s’affaissent dès que l’eau vient à manquer.
Toutes ces plantes tolèrent la lumière tamisée d’une salle de bain équipée d’une fenêtre et tirent profit de l’air chargé en vapeur après les douches.
Où placer ces plantes, et quelques précautions à ne pas négliger
Pour qu’elles profitent pleinement de leur environnement, Álvaro Pedrera insiste sur l’importance de l’emplacement. L’idéal : les installer près d’une fenêtre, derrière un voilage léger ou sur une étagère latérale — jamais directement contre une vitre exposée au soleil. Il convient également d’éviter les courants d’air froid et les pièces qui descendent en dessous de 15 degrés, seuil critique pour la plupart de ces espèces.
La présence d’animaux domestiques impose aussi une certaine vigilance. D’après l’ASPCA, les anthuriums et les lys de la paix contiennent des cristaux d’oxalate de calcium irritants pour les chiens et les chats.
Enfin, sur la question de la purification de l’air, les études sont formelles : il faudrait entre 100 et 1 000 plantes par mètre carré pour rivaliser avec un système de ventilation classique. Comme le résume le chercheur Michael Waring : « Les plantes sont formidables, mais elles ne nettoient pas l’air assez vite pour avoir un effet. »


