En bref
Près de 10 millions de foyers de retraités français pourraient perdre en moyenne 430 euros par an d'ici 2027 en raison d'une sous-indexation des pensions et d'une réduction de l'abattement fiscal, sans baisse formelle de leur retraite.
Trois points à retenir
- Les retraités supporteraient près de 60 % de l'effort budgétaire demandé aux ménages, soit 5,2 milliards d'euros sur 8,7 milliards d'économies envisagées pour 2027.
- Seules les pensions inférieures à 1 260 euros brut par mois seraient revalorisées selon l'inflation, les autres étant gelées ou progressant moins vite que les prix.
- Le plafond de l'abattement fiscal de 10 % sur les pensions serait abaissé de 4 439 euros à 3 000 euros par foyer, augmentant l'impôt des retraités aux pensions élevées.
La réponse en bref
Les retraités dont les pensions cumulées dépassent 1 260 euros brut par mois et ceux percevant des pensions élevées soumises à l'abattement fiscal risquent de perdre en moyenne 430 euros par an, selon les simulations de l'OFCE. Toutefois, ces mesures budgétaires ne sont pas encore définitives, le projet ayant été rejeté par l'Assemblée nationale le 23 octobre.
Pourquoi des millions de retraités pourraient voir leur pouvoir d’achat reculer ?
Le montant inscrit sur la feuille de pension ne suffit pas à mesurer le niveau de vie réel d’un retraité. D’ici 2027, des millions de Français pourraient subir une perte de pouvoir d’achat significative, et ce, sans que leur retraite ne soit formellement réduite. Deux mesures budgétaires sont au cœur de cette situation préoccupante.
Selon une étude de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), publiée le 16 octobre, les retraités supporteraient près de 60 % de l’effort budgétaire demandé aux ménages. Cela représente 5,2 milliards d’euros sur les 8,7 milliards d’économies envisagées pour 2027. Une charge considérable, qui ne s’exercerait cependant pas de façon uniforme sur tous les seniors.
Une perte moyenne de 430 euros par an pour près de 10 millions de foyers
Les simulations de l’économiste Pierre Madec révèlent une réalité frappante : 9,6 millions de ménages concernés par la sous-indexation des pensions enregistreraient une perte moyenne de 430 euros par an. Ce chiffre dépasse même les 390 euros de perte moyenne calculés pour l’ensemble des 22,4 millions de foyers pénalisés par les mesures à l’étude.
Ces données mettent en lumière une inégalité de traitement selon le profil du retraité. Certains ménages seraient bien plus exposés que d’autres, en fonction de leur niveau de pension et de leur situation fiscale.
Quels retraités seraient les plus touchés par le budget 2027 ?
La première mesure porte sur la revalorisation des pensions. Le gouvernement envisage de réserver une hausse alignée sur l’inflation uniquement aux retraités dont les pensions cumulées n’excèdent pas 1 260 euros brut par mois. Au-delà de ce seuil, les pensions pourraient être gelées ou progresser moins vite que les prix, entraînant mécaniquement une érosion du pouvoir d’achat.
Le second volet concerne la fiscalité. Le projet de budget prévoit d’abaisser le plafond de l’abattement fiscal de 10 % sur les pensions à 3 000 euros par foyer, contre 4 439 euros actuellement. Cette modification viserait en priorité les foyers percevant des pensions élevées, avec à la clé une hausse potentielle de leur impôt sur le revenu.
Les retraités perdront-ils vraiment 430 euros en 2027 ?
L’impact réel variera selon les situations. Le montant des pensions perçues, la composition du foyer et la situation fiscale de chaque ménage joueront un rôle déterminant. Les retraités aux revenus modestes bénéficieraient d’une meilleure protection contre la sous-indexation, tandis que certains foyers pourraient cumuler à la fois une revalorisation insuffisante et une fiscalité moins favorable.
Il convient toutefois de garder à l’esprit que rien n’est encore gravé dans le marbre. Le projet de financement de la Sécurité sociale a été rejeté par l’Assemblée nationale le 23 octobre et doit encore parcourir les étapes du processus parlementaire. Ces dispositions pourraient donc évoluer sensiblement avant une éventuelle entrée en vigueur en 2027. Un dossier à surveiller attentivement.


