En bref
AirAdvisor classe TAROM comme la pire compagnie aérienne pour l'indemnisation des passagers avec un score de 23,3 sur 100, suivie de Ryanair, Lufthansa et easyJet.
Trois points à retenir
- TAROM obtient le pire score avec seulement 3,3 % de réclamations résolues et 46,7 % nécessitant une procédure judiciaire
- EasyJet n'avait résolu que 0,3 % des réclamations retenues au moment de l'étude
- Le règlement CE 261/2004 prévoit jusqu'à 600 euros d'indemnisation pour un retard d'au moins trois heures ou une annulation tardive
La réponse en bref
TAROM est la compagnie la moins coopérative selon l'indice d'honnêteté 2026 d'AirAdvisor, suivie d'AeroItalia, Ryanair, Air Europa, Lufthansa et easyJet. Ces transporteurs affichent des taux de résolution très faibles et nécessitent souvent des procédures judiciaires.
Ces compagnies aériennes qui bloquent vos demandes d’indemnisation
Un vol annulé ou retardé de plusieurs heures, c’est déjà une mauvaise surprise. Mais la vraie épreuve commence parfois ensuite, quand il faut tenter d’obtenir une indemnisation. AirAdvisor vient de publier son indice d’honnêteté 2026, qui passe au microscope le comportement des compagnies aériennes face aux réclamations de leurs passagers. Le résultat est parfois édifiant.
Pour construire ce classement, AirAdvisor a épluché 68 283 réclamations soumises à 59 compagnies aériennes entre janvier et juin 2026. Sur l’ensemble, 22 transporteurs ont été sélectionnés pour l’analyse finale. Et certains affichent des performances vraiment préoccupantes.
La lanterne rouge de ce palmarès est la compagnie roumaine TAROM, créditée d’un score catastrophique de 23,3 points sur 100. Parmi les dossiers examinés, à peine 3,3 % ont abouti à une résolution, et 46,7 % ont nécessité une procédure judiciaire pour avancer. Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes.
Ryanair, Lufthansa, easyJet : des noms familiers dans le mauvais classement
D’autres compagnies bien connues des voyageurs européens apparaissent également dans ce tableau peu flatteur. AeroItalia totalise 29,1 points, suivie de Ryanair avec 34,2 points, puis Air Europa (34,6), Lufthansa (37,7) et easyJet (38,8).
Le cas d’easyJet mérite d’être souligné : au moment de l’étude, seulement 0,3 % des réclamations retenues avaient été effectivement résolues. Ces données ne signifient pas que ces transporteurs refusent toujours d’indemniser, mais elles révèlent que les démarches peuvent s’avérer particulièrement laborieuses pour les passagers qui font valoir leurs droits.
Grèves, pannes techniques : une période agitée pour le transport aérien européen
Ce contexte s’explique aussi par une actualité aérienne particulièrement chargée en Europe. En France, une grève nationale des pilotes et des personnels de cabine avait été annoncée du 17 au 21 octobre 2026. Le préavis a finalement été suspendu le 9 octobre, à la suite de progrès dans les négociations avec le gouvernement.
L’Italie a également traversé des turbulences le 16 octobre dernier. Une panne du réseau de transmission de données utilisé par les services de contrôle aérien a provoqué des retards et des annulations dans plusieurs aéroports, notamment à Rome, Milan et Naples. Détectée pendant la nuit, la défaillance avait d’abord été compensée par des systèmes de secours, permettant un trafic normal jusqu’à 6 heures du matin. Mais face à la persistance de l’incident et à la montée en charge du trafic, les autorités ont dû limiter temporairement le nombre d’appareils autorisés à évoluer dans l’espace aérien.
Quels sont vos droits en cas de vol annulé ou très retardé ?
La réglementation européenne encadre précisément ces situations. Le règlement CE 261/2004 prévoit une indemnisation dès lors qu’un vol arrive à destination avec au moins trois heures de retard, ou qu’il est annulé moins de 14 jours avant la date de départ prévue, sous réserve de certaines conditions. Le montant de cette compensation peut atteindre jusqu’à 600 euros par passager, en fonction de la distance du trajet.
Attention toutefois : toutes les perturbations n’ouvrent pas automatiquement droit à une indemnisation. Une compagnie peut légitimement refuser de vous dédommager si les conditions météorologiques rendaient le vol impossible, ou si un problème de sécurité était en cause. En revanche, une grève interne à la compagnie aérienne ne constitue généralement pas un motif suffisant pour échapper à ses obligations.
Si votre demande est rejetée, la compagnie doit être en mesure de justifier clairement sa décision. En cas de réponse insatisfaisante, vous avez la possibilité de saisir l’organisme compétent chargé de traiter ce type de litige. Ne renoncez pas après un premier refus : vous risqueriez de passer à côté d’une indemnisation à laquelle vous avez pleinement droit.


