En bref
Fermer les volets dès la nuit tombée peut réduire jusqu'à 60 % les déperditions de chaleur par les fenêtres, évitant ainsi de monter inutilement le chauffage.
Trois points à retenir
- Chaque degré de chauffage supplémentaire représente environ 7 % de consommation en plus.
- Les fenêtres sont responsables de 10 à 15 % des pertes de chaleur totales dans un logement mal isolé.
- Fermer volets et rideaux dès la fin d'après-midi crée une lame d'air protectrice devant le vitrage.
La réponse en bref
Oui, c'est une erreur : laisser les fenêtres sans protection (volets ou rideaux fermés) fait partir jusqu'à 60 % de la chaleur qui transite par les vitrages, rendant inutile l'augmentation du chauffage.
Un réflexe très répandu… mais pas toujours le bon
Dès que l’obscurité s’installe, des millions de foyers français accomplissent le même geste : tourner le thermostat vers le haut, parfois d’un cran, parfois de deux. La pièce semble avoir perdu en chaleur, l’atmosphère paraît moins agréable, alors on pousse le chauffage en espérant retrouver cette sensation douillette.
Sauf que, d’après l’ADEME, le problème ne vient pas forcément d’un manque de chauffage. Le guide « Un hiver tout confort » le précise clairement : fermer les volets peut réduire jusqu’à 60 % les déperditions de chaleur qui transitent par les vitrages. En clair, pendant qu’on monte le thermostat, c’est la fenêtre qui laisse silencieusement filer toute cette énergie.
Pourquoi on ressent le froid près des fenêtres dès que la nuit tombe
Quand la température extérieure chute, la surface vitrée se refroidit très rapidement. Même sans modifier le thermostat, le corps perçoit cette paroi glacée comme une sorte de courant d’air figé. Le réflexe naturel est alors d’augmenter la température de la pièce, sans réaliser que cette chaleur supplémentaire s’évacue encore plus vite à travers le vitrage laissé sans protection.
L’ADEME le rappelle avec précision : chaque degré de chauffage supplémentaire représente environ 7 % de consommation en plus. Un cercle vicieux, donc, qui pèse sur la facture sans améliorer durablement le confort.
Dans un logement mal isolé, les fenêtres sont responsables de 10 à 15 % des pertes de chaleur totales. Le toit et les murs concentrent l’essentiel des déperditions, mais les fenêtres restent le point le plus facile à traiter sans engager de travaux lourds. Poser des joints en caoutchouc autour des cadres ou installer un boudin de porte constitue déjà un premier pas efficace.
Fermer volets et rideaux : ce que signifie vraiment ce chiffre de 60 %
Le chiffre de 60 % de déperditions en moins peut surprendre au premier abord. Il faut bien comprendre ce qu’il recouvre : il s’agit uniquement des pertes qui passent par les fenêtres, en comparant une même vitre avec volets ouverts versus volets fermés. Ce n’est donc pas une réduction de 60 % sur l’ensemble de la facture de chauffage, mais un gain ciblé sur ce point faible précis de l’enveloppe du logement.
Concrètement, le volet crée une lame d’air supplémentaire devant le vitrage et le protège des effets du vent. Ajouter des rideaux épais renforce encore ce « bouclier » thermique en atténuant la sensation de paroi froide. Le guide de l’ADEME recommande des rideaux isolants installés au plus près du vitrage, en réduisant au maximum l’espace entre le tissu et la fenêtre, tout en veillant à ne pas obstruer les radiateurs situés en dessous.
Un test simple suffit pour s’en convaincre : passer la main devant la fenêtre avant et après avoir tiré un rideau thermique. La différence de ressenti est souvent immédiatement perceptible.
Le bon geste du soir : protéger la fenêtre avant de toucher au thermostat
La meilleure approche consiste à synchroniser ses habitudes avec la lumière naturelle. En fin d’après-midi en hiver, dès que le soleil cesse de réchauffer les pièces, il convient de fermer volets, stores et rideaux. Le matin, on rouvre tout pour bénéficier des apports solaires gratuits, particulièrement du côté sud et ouest.
Par grand froid ou en cas d’absence prolongée, maintenir les volets fermés en journée permet de limiter davantage les pertes thermiques, sans pour autant priver les occupants de lumière naturelle.
Une fois ces protections mises en place, de nombreux ménages parviennent à maintenir un confort satisfaisant avec une température de consigne légèrement abaissée. L’ADEME souligne qu’abaisser la consigne d’1 °C génère environ 7 % d’économies sur le chauffage. Un thermostat programmable aide à stabiliser cette température dans la durée.
Pour mesurer l’impact réel chez soi, il suffit de relever son compteur sur plusieurs jours en laissant les volets ouverts le soir, puis de recommencer en les fermant systématiquement chaque nuit. Les chiffres racontent alors une histoire très parlante, sans qu’il ait fallu engager le moindre gros chantier.


